... Bé! ça c'est un titre, bééé!

- Oui, je parle chèvre couramment, vous ne le saviez pas encore ? Cela fait partie de mes nombreuses compétences cachées, bien cachées... Y en a-t-il d'autres ? euh, en cherchant bien... avec des compétences de spéléo.. eh, oh! ( hé, il est fort, l'écho!  L'Ecco aussi, d'ailleurs... "J'attends l'écho de ma grandeur interne
Amère, sombre et sonore citerne
  Sonnant dans l'âme un creux toujours futur"... ça, c'est du Paul Valéry )

  Je parle aussi le Britney Spears couramment. Je sais dire "ouhps", j'lai encore fait. C'est ça le Britney Spears, en gros...

  Mais revenons à nos moutons. Euh, à nos chèvres. A mes chèvres. Oui, je parle chèvre, bililibilibibilété aÏÏÏi! a las cabres, taïi!
  Comment, vous n'avez pas lu ni vu Manon des sources ? c'est le cri de la chevrière, je sais le pousser, sans savoir au fond ce que cela veut dire, ni comment on l'écrirait. J'ai été chevrière, dans une vie antérieure, en Provence haute, près de Banon, j'ai cueilli la sarriette pour le fromage, le Banon, "tourné" le fromage... Euh, comment ça, le rapport avec les bijoux ??? Aucun. Quoique le Banon, bien fait ( dans tous les sens du terme... ) c'est un bijou de fromage. En tout cas c'est mon enfance, mon terroir, ma madeleine. Là, c'est du Proust. Eviter de le tremper dans le thé, néanmoins. Ce n'est pas comme la cancoillotte, ici, à tremper dans le café. Je vous rassure, on n'est pas obligé, je travaille à Gray sans trempouiner les tartines à la cancoillotte dans le café, pas prête à tout pour m'intégrer, c'est une idée à me désintégrer l'estomac!

  J'en étais où? ah oui, Banon, le fromage, la sarriette, les chèvres, les collines, l'ombre de Jean Giono...

  Pourquoi je racontais ça, moi ? Ah oui, parce que je disais "Bé". Et que je tentais d'expliquer que je parlais le chèvre presque couramment. C'est-à-dire, gambadement. Ou, crânement. Les chèvres, ça ne court pas, ça gambade, ça caracole, ça sabotine, ça cabotine, ça capriciose. Oui, ce mot n'existe pas. Cela signifie : gambader capricieusement en caracolant crânement. C'est du langage chèvre. Ces bestioles fières belles et butées, "belzébuthées". Là, n'applaudissez pas! ( ah bon, vous n'en aviez pas l'intention ? )  ce n'est pas de moi, c'est de mon poète préféré, du Francis Ponge.

  Bon, "bé". Je vais p't-être m'arrêter là, vous ne saurez jamais ce que j'allais dire, j'allais vous parler de La Chose, de mes fesses mouillées, de mon frigo, des pâtes... et les pattes capricieuses des chèvres sont venues pas là... et je me suis "empaturée" dans mon post - là, c'est du haut-saônois -, et puis le temps passe, encore des trucs à corriger, je me demande bien pourquoi vu que les notes de ces classes-là sont arrêtées, mais bon, on m'donne, j'corrige, j'rends, puis on m'demande, je fais, oui c'est un peu tard pour ces premières pour s'y mettre après la fin du troisième trimestre et leur départ demain pour révisions, mais on m'donne des trucs à évaluer j'le fais... heureusement les chèvres m'ont appris à devenir prof : les chèvres aussi, elles ne savent pas où elles vont mais elles y vont, et il n'y a pas la marche arrière sur les chèvres non plus, comme sur La Chose, comme sur nombre d'élèves... et les élèves m'ont appris à devenir chèvre... tiens encore aujourd'hui une qui fiche rien en cours mais qui était sur son portable et qui m'a gueulé dessus... déjà que le cours la gêne pour discuter... Ou comment on passe de Proust à un prout, de la poésie à de la punaisie.

  J'fais quoi là ? eh bien je fais comme les chèvres. Je capriciose. Je vais nulle part mais j'y vais. Comme les nulles qui parlent en crachant leurs vomissures passqu'en cours si on peut même pas être sur son portable déjà qu'on s'fait chier... ? Non, ce n'est pas ça capricioser, les chèvres savent mieux ce que c'est que la poésie qu'une élève grossière de 1èreS, quand même! Les chèvres ont du panache, de l'intention, un caprice archétypal, fondateur, ontologique, elles y prouvent leur existence d'être. Au fond, la chèvre, c'est physique ET métaphysique. Au sens littéral du terme, "métaphysique", "ta meta ta phusika" - désolée, peux pas passer par l'alphabet grec, là - "ce qui vient après la physique"... vous me suivez ? non ? ben si, prenez le chemin de chèvre! celui des contrebandiers, c'est le même, le même chemin presque impraticable pour passer en douce... et venez jusqu'à moi!

  Bé, c'est épuisant d'essayer de vous raconter la vie, j'vas m'arrêter là moi, avant d'avoir vraiment commencé. Non, je n'ai rien fumé, pas même des cigarettes de contrebande, j'ai juste bossé, et ce n'est pas rien. Puis fait des courses. Pour essayer d'avoir à manger autre chose que des pâtes comme depuis quinze jours. Et puis j'ai fait... des pâtes. Finalement. Mais elles étaient bonnes. La bonté des pâtes rassérène face à la méchanceté de quelques specimens humains qui recèlent de trop faibles doses d'humanité et ignorent l'humanisme. Car ce qui est certain avec les pâtes c'est qu'elles ont la juste dose de pastitude attitude. Mieux que la positive attitude de Lorie. Me voici dans l'habitude de la pastitude attitude en attendant la pastitude habitude des apéros au bord de l'eau à Marseille... oh que c'est loin... et comme il pleut fort... "Ce ne peut être que la fin du monde, en avançant". Là, ce n'est pas du Ponge, mais du Rimbaud. Non, secouons ces pensées grises. Ce "petit train de pensées grises" - toujours du Ponge. Pastitude attitude. Signé Barilla. Bon, je vais bosser. Courage à Google pour la traduction de ce post, courage à tous ceux qui travaillent dans ce monde, et à ceux qui ne travaillent pas mais voudraient bien.

  Et si vous n'avez rien compris, c'est peut-être que vous avez compris qu'il n'y avait rien à comprendre, c'est-à-dire tout, puisque "tout est dans tout et réciproquement". Salut!