Rien de tel qu'un jour de grève pour qu'un tgv parte et arrive à l'heure, cela ne m'était pas arrivé depuis des mois! me voici de retour donc depuis ce soir dans mon grenier de Franche-Comté. Qu'est-ce que la Franche-Comté est belle, les couleurs orangées saturées, la lumière rasante d'automne, la douceur de l'air, cela me donne des envies de vacances, moi... Ah, j'en viens ? Dommage... Quel plaisir de revoir la lumière, le soleil, le jour... ça me manquait. Mes bottes dans lesquelles j'ai flacflacté sont mises à sécher, mon manteau encore trempé à l'arrivée à Dijon va bien finir de sécher aussi, j'ai enfin les pieds au sec, tout va aller. Que personne ne me demande si j'ai eu beau temps... je peux vous parler déluge, inondation, parapluie, orage, averses, éclairs, pluie torrentielle... et j'ai travaillé autant qu'il a plu, c'est tout dire!
  Changeons de sujet... cela fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de La Chose, non ? Eh bien, j'ai du nouveau à son sujet. Ma Chose est fugueuse, j'en suis sûre maintenant. Le mois dernier, le jour où j'ai pris La Chose pour vider l'expo - et un jour où, miracle, je l'ai passée au lavage! - j'ai pu constater que le réservoir, qui avait été rempli à ras-bord, était presque vide. J'ai aussitôt enragé, pensant que les voyous dont les environs regorgent avaient siphonné La Chose... supposition bien banale que j'ai bêtement pensé confirmée quand j'ai vu que la trappe d'accès au réservoir avait été forcée.
  Mais c'était sans compter sur l'incident d'aujourd'hui : alors que j'étais arrivée sans encombres et bien à l'heure à Dijon, que j'avais laissé mon obole dans la caisse automatique du parking ( une obole de 65€ quand même... ), et que je me dirigeais vers ma citrouille, enfin, mon carrosse, quelle ne fut pas ma stupéfaction! Pas de Chose à l'horizon. Elle n'était pas garée là où je l'avais laissée. Evidemment, j'ai arpenté les deux allées, me demandant si ma mémoire me jouait des tours... Il fallait bien me rendre à l'évidence, pas de Chose dans les environs. Avec la mode du vintage et des collectors, ma Chose avait-elle suscité la convoitise? Je n'en revenais pas, mais le problème était surtout que je ne pouvais pas revenir, tout court! S'était-elle laissée enlever par un Roméo de pacotille, avait-elle été victime d'un camion poubelle qui l'eût prise pour un détritus vulgus ? Misère... quand j'ai eu l'idée de me retourner, et ébahie j'ai vu ma caisse, toute proche de la caisse automatique, garée sur un emplacement réservé aux handicapés, bref pas du tout là où elle était à mon départ. Ma voiture part en balade sans moi. Et je me demande même si elle ne me fait pas un pied de nez, enfin de calandre, en s'installant toute seule sur un emplacement handicapé - comme quoi je serais une handicapée du volant, peut-être ? Je n'ai rien contre son autonomie ( quoique l'autonomie en prenne un coup quand le réservoir est vide ), ni même contre son impertinence, je suis prof, je suis blasée! mais si elle me refait souvent le coup d'aller prendre un emplacement handicapé, je dis quoi, moi, aux verbalisateurs? "Euh, désolée, mais ma voiture a un sens de l'humour très personnel"...? j'ai peur que ce genre d'explication n'aggrave mon cas, si j'en juge par l'ouverture intellectuelle dont ont fait preuve les gendarmes auxquels jusqu'à présent j'ai eu à faire... non, La Chose, ce n'est pas drôle, pas les emplacements avec un fauteuil bleu dessus, sois citoyenne, bon sang de bonsoir! Et à propos, bonsoir à tous...