Peu présente sur le blog, peu productive d'ailleurs côté bijoux : toujours des problèmes de calendrier, qui manque de jours... Heureuse d'avoir presque fini les commandes en cours malgré tout, mais frustrée de ne pas avoir pu entamer vraiment les projets pour la collection prochaine. Les cours sont terminés d'hier, snif, les conseils d'avant-hier, ouf, et lundi commencent les corrections de l'écrit du bac et les passations de l'oral en même temps. D'où la nécessité de travailler les programmes de textes et d'oeuvres des quatre classes jurassiennes dont je vais interroger les élèves : dur week-end!

  Et à propos, comment dire? Je redoute des réactions négatives du côté de la Chose, quand il va falloir qu'elle me conduise, ou que je la conduise - je ne sais pas ce qui est le pire, qu'elle ait à me conduire ou que j'aie à la conduire - chaque jour de la semaine dans le Jura...

   Comment nommer ce drame très contemporain ? La Cantatrice Chose ? La Petite Chose? Ah oui, La Machine infernale, un titre extra! Zut, c'est déjà pris... Bon, La Bielle et la Bête? mais encore faut-il que la Chose comprenne que la bête, c'est moi... Il faut que je me décide : Fin de parking, c'est bien ce titre, on dirait déjà du contemporain, non ?

       FIN DE PARKING, drame en cinq actes et en vert.

Personnages :

Moi ( conductrice fatale et fataliste de la Chose )
La Chose ( "engin à quatre roues valant moins que le prix du ticket à acquitter pour extraire ledit engin du parking où je l'aurai abandonné" )

Lieu de l'action : au coin de la rue, en-dessous de mes fenêtres, là où la Chose se pose et se repose, immobile au soleil, immondement sale comme l'adolescente rebelle qu'elle est -elle va, ou plutôt elle ne va pas, sur ses quinze ans.

      Premier acte

La Chose: Ah, toi l'ingrate, tu te rappelles que j'existe! J'avais bien des soupçons, la semaine dernière / Quand tu as fait le plein sans attendre la fin, / - Car tu attends chaque fois qu'il n'y ait plus rien - / Cela a réveillé mon angoisse foncière /Sans vergogne tu vas encore m'utiliser / Jusqu'à Dijon il va me falloir t'emmener /Et pour, pendant toutes les vacances t'attendre / Et dans ce parking seule, rester à me morfondre! La vie d'une Chose avec toi est bien triste!

Moi : Ah non, la Chose, un mois et demi l'an dernier m'ont coûté 450€ de parking, alors plus jamais! Tu m'attendras sur un terrain vague ou un bout de parking ici, je partirai sans toi.

La Chose, en larmes déjà : Cruelle! Ne t'ai-je pas déjà trop attendue ( oui, la Chose a des lettres, pas seulement celles qui sont sur sa plaque, elle a lu Phèdre, elle parle en alexandrins, quand même...) Et ne suis-je blanchie sous les doutes des routes / Que pour voir en l'été ma beauté en déroute?

Moi : euh... c'est-à-dire que... pas la peine de te frapper, ma Chose - tu es déjà assez cabossée comme ça - je ne pars pas en vacances de toute façon avant la mi-juillet, tu devrais savoir depuis le temps que ça bosse un prof jusque là... pardon pour le mot "bosse", je n'ai pas fait exprès... Ne te drape pas dans ta dignité outragée, ça fait des marques sur la carrosserie... Non, euh... on va rester ensemble, tu vois... juste... tu vas voir un peu du pays avec moi... on va aller sur Dole toutes les deux...

La Chose : ¤@###&&!!!****!!! ( traduction : La Chose jura, et jura et rejura
                                                                       De n'aller point jamais dans le Jura... )

( Ceci n'était que la scène d'exposition, en gros pour faire comprendre la situation. Chacun mesurera que le drame n'est même pas encore esquissé... peut-être avant le dénouement pathétique aurais-je le temps de vous en livrer d'autres aperçus ? )